
Le chantier à côté de l'usine de copra
Cela fait maintenant 15 jours que je suis arrivée à Savusavu, et nous sommes toujours bloqués sur le chantier.
Ben, l’ouvrier fidjien qui travaille pour Thierry, nous mène clairement en bateau… mais un bateau bien à sec ! Nous n’avons toujours pas vu le fameux coude d’échappement que Thierry a pourtant payé il y a deux mois, et qu’il est censé remonter sur le moteur.
Il devait venir lundi… puis mardi… et depuis, silence radio. Thierry, reste (trop) patient, persuadé que râler ne sert à rien. Mais après que plusieurs personnes lui aient fait remarquer qu’il était vraiment trop cool, il a enfin commencé à le relancer plus sérieusement.
Résultat ? Ben a promis de venir vendredi. Il est effectivement passé… mais uniquement pour dire qu’il viendrait samedi à 8h.
Depuis, nous l’attendons toujours. Et bien sûr, il ne répond plus au téléphone.
On commence sérieusement à douter qu’il ait réellement commandé la pièce…
Garder le cap malgré tout
De mon côté, j’essaie d’avancer comme je peux pour préparer la mise à l’eau. Mais certains jours, je dois l’avouer, je perds espoir… et toute motivation.
Il reste encore tellement de choses à faire, à fixer, à résoudre — notamment toute la partie mécanique et électrique, qui n’est pas de mon ressort.
Alors je m’occupe comme je peux :
- réparation du génois, avec une nouvelle bande de tissu tissé serré pour remplacer la protection UV abîmée
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| je fais des pré-trous à la perceuse |
- petit coup de neuf à la table, qui en avait bien besoin
et bien sûr… nettoyage, encore et toujours
L’intrus… n’était pas si petit
Nous avons fini par attraper l’intrus à bord.
Et ce n’était pas une petite souris comme on le pensait… mais un gros rat. 😱
On l’a capturé avec un piège à glue. Mais le voir agoniser comme ça m’a vraiment bouleversée. Je n’ai même pas eu le réflexe de prendre une photo — j’ai juste voulu abréger ses souffrances le plus vite possible.
On espère sincèrement qu’il n’y en a pas d’autres.
Nous avons retiré les sangles et installé un anneau autour de la chaîne pour les empêcher de grimper à bord.
Une bouffée d’air… enfin
Un après-midi, pendant que Thierry était parti seul en ville, j’ai décidé de faire une pause.
Arrêter de bosser. Respirer. Partir marcher.
Et quelle bonne idée. 😁
Je suis passée par deux petits villages, où les habitants, toujours souriants, m’ont accueillie avec de joyeux “Bula” — le bonjour fidjien.
Au fond du deuxième village, qui longeait une rivière, j’ai découvert un magnifique trou d’eau.
Impossible de résister.
Je me suis jetée à l’eau… tout habillée (je n’avais pas pris de maillot).
Il m’a expliqué que cet endroit était un “healing pond”, un bassin aux vertus apaisantes pour les douleurs articulaires.
Et je dois dire… que ça va beaucoup mieux depuis. 🤣🤣🤣
Le rire des enfants s'éclatant à jeter des cailloux dans les flaques d 'eau m'a remplie de bonheur.
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| ceux là m'inspiraient plutôt du dégoût ! |
Sur le chemin du retour, je suis tombée sur quelqu’un qui cultivait des salades hors sol.
Une vraie surprise — et une découverte interessante car je n’ai pas vu l’ombre d’une salade sur le marché local.
À part quelques laitues iceberg importées… à près de 10 € pièce !
Le lendemain, je suis repartie marcher, cette fois en rejoignant la plage par la route.
Je me suis éloignée du chantier pour me baigner dans une eau un peu moins boueuse.
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| je n'ai croisé que des vaches sur cette belle plage de sable noir |
Reprendre souffle
Ces deux petites escapades m’ont fait un bien fou.
Elles n’ont pas fait avancer le chantier…
Mais elles m’ont permis de reprendre de l’énergie, de retrouver un peu de moral — et de rencontrer quelques locaux.
Expédition chez Ben : la vérité éclate
En fin d’après-midi, n’ayant toujours aucun signe de vie de Ben, nous avons décidé d’aller directement chez lui, avec l’intention claire de récupérer enfin cette fameuse pièce.
Après avoir grimpé une côte bien raide, nous sommes arrivés à une maison qui s’est révélée être celle de son père.
Un jeune de la famille! nous a alors accompagnés de l’autre côté du vallon, en empruntant un passage extrêmement boueux… et donc particulièrement glissant. Une vraie patinoire en pleine nature.
Nous avons fini par arriver chez Ben.
Il nous a reçus avec le sourire, en nous offrant des clémentines fraîchement cueillies directement sur l’arbre. Le contraste avec la situation était presque comique.
Après quelques civilités, il nous a expliqué, très calmement, que la pièce se trouvait chez son père et qu’il nous l’apporterait le lendemain.
Évidemment, je lui ai demandé si le jeune qui nous avait accompagnés ne pouvait pas simplement nous la rapporter tout de suite, histoire de nous éviter de refaire ce chemin franchement casse-gueule.
Mais non.
Selon lui, il ne voulait pas lui faire faire le trajet de nuit.
Comme nous n’avions absolument aucune confiance, nous avons décidé de refaire immédiatement le chemin glissant avant la tombée de la nuit, pour retourner chez son père et récupérer nous-mêmes la pièce, soi-disant posée sur la table.
Sauf que…
La pièce n’était nulle part.
Toute la famille s’est mise à chercher dans la maison, partout, sans aucun succès.
Thierry a essayé de l’appeler, mais Ben ne répondait pas.
Il a finalement décroché au téléphone de sa sœur, qui nous l’a passé.
Son excuse ?
“Les enfants ont dû jouer avec…”
À ce moment-là, le doute n’était plus permis.
Nous avons eu la confirmation de ce que nous redoutions depuis plusieurs jours : il n’a pas la pièce que Thierry a payée.
Et surtout… c’est un sacré menteur.
La goutte de trop
Après quinze jours d’attente, de promesses non tenues, de faux rendez-vous et d’excuses improbables, la situation devient vraiment difficile à accepter.
Ce n’est plus seulement une question de retard.
C’est la sensation très désagréable d’avoir été menés en bateau depuis le début.
Et malheureusement, notre bateau à nous, lui, est toujours à sec.
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| il y avait de beaux Tapas dans la maison du père |
et des enfants qui jouaient



















Au retour si tu veux tu pourras toujours te recycler dans la voilerie🤣🤣. Je comprends ton désarroi. Courage et bisous
RépondreSupprimerDomi