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19 juin 2026

Viani bay : Divers Retreat

 


Un taxi m’a conduite à la gare routière pour prendre le bus en direction de Taveuni. En voyant le bus déjà plein à mon arrivée, une vague d’inquiétude m’a traversée. Allais-je pouvoir monter ?

Heureusement, le chauffeur de taxi est resté avec mes bagages pendant que je me faufilais parmi les voyageurs. J’ai réussi à me retrouver presque en tête de la file pour acheter mon billet et embarquer. Derrière moi, la queue ne cessait de s’allonger, mais finalement tout le monde a réussi à monter à bord. Le bus était bondé : les plus chanceux avaient une place assise, tandis que les autres, comme moi, n’avaient qu’une demi-fesse sur leur siège. Le couloir, lui aussi, était rempli de passagers.

Peu importe le confort, j’étais surtout heureuse de quitter Savusavu.

Après une heure et demie de route, nous sommes arrivés à l’embarcadère au moment même où le ferry venait d’accoster. Plusieurs traversées avaient été annulées les jours précédents à cause de vents violents, c'est pour cela que nous étions si nombreux à vouloir traverser.




Un peu plus d’une heure plus tard, après une traversée plutôt calme, nous avons enfin atteint Taveuni. Roland m’y attendait. Il ne restait plus qu’à embarquer sur son petit bateau pour franchir une nouvelle fois le détroit de Somosomo et rejoindre ma destination.




Je pense avoir trouvé le paradis.🤩 C'est un petit coin appelé Dolphin Divers Retreat, tenu par Roland, un Suisse allemand, et son adorable équipe. Les quelques bâtiments sont perdus au milieu de la nature : la maison principale, deux bures — comme on appelle les bungalows ici — et le centre de plongée.







Mon bungalow, perché sur les hauteurs, offre une vue splendide sur Viani Bay. J'ai même ma petite terrasse où je peux pratiquer le yoga chaque matin (le tapis est fourni !). Le lit est très confortable et, pour me laver, j'ai le choix entre une douche chaude à l'intérieur ou la douche « nature », en plein air.




La douche d'été

Les repas préparés par Charlotte sont excellents, souvent inspirés de la cuisine indienne — ce qui n'est pas pour me déplaire. L'influence indienne est très présente aux Fidji et se retrouve naturellement dans l'assiette. Quant à Roland, sa compagnie rend les repas particulièrement intéressants : j'apprends énormément de choses sur les Fidji, leur façon de vivre et bien sûr la plongée.

À marée basse, on peut se promener le long du rivage. J'y ai fait de très belles rencontres car quelques habitations sont disséminées le long de la côte. Un jour, on m'offre une noix de coco fraîchement cueillie ; un autre, des hommes réunis pour célébrer un anniversaire m'invitent à partager le kava avec eux.

Des enfants qui ne me connaissent pas se jettent dans les bras tendus !






on trinque au cava !

C'est ma première dégustation... enfin, je ne suis pas certaine que le mot dégustation soit approprié pour une boisson aussi peu séduisante. Le kava est préparé à partir des racines d'un poivrier local qui sont séchées, réduites en poudre puis mélangées à de l'eau. J'ai d'ailleurs eu la chance d'assister à sa préparation. Le résultat ressemble à de l'eau boueuse et le goût est à l'avenant : amer, terreux, avec une petite note de « jardin après la pluie ». On me dit que c'est pour cela que ça se boit cul-sec ! Bref, pas vraiment un coup de cœur gustatif.

Mais le kava est bien plus qu'une boisson. C'est un élément central de la culture fidjienne, utilisé pour accueillir les visiteurs, sceller les liens sociaux ou accompagner les célébrations. Après quelques bols, on ressent généralement un léger engourdissement de la langue et des lèvres, puis une sensation de détente et de calme. Rien de comparable à l'alcool : on reste parfaitement conscient, simplement plus relaxé. Même si mes papilles n'ont pas été conquises, j'étais ravie de partager ce moment avec les habitants. Je n'ai pas particulièrement senti la sensation de détente mais c'est peut être parce que je me sens déja tellement relax dans cet environnement ! 😉🙃

J'apprécie énormément ces balades et ces rencontres, mais je suis venue ici avant tout pour plonger. Malheureusement, la météo...😤 grrr, encore elle !... ne me permet pas de plonger tous les jours.

le bateau pour aller plonger
J'ai cependant eu beaucoup de chance dès le lendemain de mon arrivée. Je suis partie plonger seule avec Roland. Installé aux Fidji depuis trente ans, il connaît le secteur et les conditions comme sa poche. Grâce à son expérience, nous nous sommes mises à l'eau exactement au bon moment pour découvrir le célèbre White Wall dans des conditions idéales.

Situé au cœur de Rainbow Reef, dans le détroit de Somosomo Strait, le site de plongée White Wall est considéré comme l'un des plus spectaculaires de la planète. On a l'impression de faire face à une immense falaise sous-marine recouverte de neige. Pourtant, ce blanc éclatant est bien vivant.

La paroi est entièrement tapissée de minuscules coraux mous blancs, appartenant principalement au genre Dendronephthya. Lorsque les conditions sont favorables et que les polypes sont déployés pour se nourrir, ils forment un manteau immaculé qui contraste magnifiquement avec le bleu profond de l'océan. Cet effet visuel saisissant a donné son nom au site : White Wall.

Un phénomène naturel unique. Les coraux apparaissent dans les 25 à 30 mètres de profondeur et le mur s'étend jusqu'à 80 m !

Le secret de White Wall réside dans la combinaison exceptionnelle de sa géographie et des courants du détroit de Somosomo. Les marées y génèrent des flux d'eau riches en plancton et en nutriments. Contrairement aux coraux constructeurs de récifs qui dépendent largement de la lumière du soleil, ces coraux mous se nourrissent en filtrant les particules transportées par le courant. C'est pour cela qu'on ne les trouve qu'en profondeur.

La paroi est orientée de manière à recevoir un courant constant mais modéré, créant les conditions idéales pour la prolifération de ces colonies blanches. Lorsque le courant augmente, les polypes s'ouvrent comme des milliers de petites fleurs afin de capturer leur nourriture. La paroi semble alors s'animer, donnant l'impression d'un tapis de neige vivant ondulant au rythme de l'océan. 

Descendre le long de White Wall procure une sensation difficile à décrire. La visibilité souvent excellente, la verticalité de la paroi et le contraste entre le blanc lumineux des coraux et l'azur du Pacifique créent une atmosphère presque surnaturelle. 



Le récif de Rainbow reef où je plonge actuellement est également célèbre pour ses extraordinaires coraux mous aux teintes rouges, oranges, roses, violettes et jaunes qui lui ont valu le surnom de « capitale mondiale des coraux mous ». 

Le passage dans les tunnels dont les murs sont recouverts de gorgones ou de magniques coraux mous m'a laissé une sensation à la fois d'appréhension et d'émerveillement !


Ce furent deux plongées magnifiques, parmi les plus belles que j'aie faites jusqu'à présent. Les vidéos parleront sans doute mieux que les mots, mais pas aussi bien que la réalité ...

Malheureusement, comme lors de la plongée précédente, mon estomac a décidé de ne pas partager mon enthousiasme. Vers la fin des deux plongées, j'ai encore vomi. 🤮 C'est une expérience assez particulière de voir les bananes du petit-déjeuner défiler devant son masque avant d'aller tranquillement se loger dans ses cheveux. 🤢 Certains collectionnent les souvenirs de voyage ; moi, apparemment, je recycle mon petit-déjeuner sous l'eau.

Il y a de mignos crabes oranges


Ben rape la noix de coco pour la préparation du lait de coco

Jeff




Charlotte dans sa maison