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22 août 2026

Nadi : Vaisoso marina

 Nous sommes partis à la découverte de Denarau, dont nous avions entendu parler par différents voileux. Mais nous étions loin d’imaginer ce qui nous attendait !

Denarau, c’est une immense marina de luxe d’où partent les ferries qui emmènent les touristes vers les différentes îles des Fidji. Partout, des magasins, des restaurants chics, de grands hôtels… et même un golf ! Bref, tout ce qu’il faut pour passer des vacances très confortables, avec probablement un peu plus de champagne que de kava.

Pour nous, ce n’est pas vraiment our cup of tea… Restons dans le contexte anglais ! 😄

Nous prenons un bus pour aller jusqu’au centre-ville de Nadi, histoire de trouver un restaurant à un prix un peu plus raisonnable. Puis nous appareillons pour nous rapprocher de la marina qu’Andrew avait repérée.

Il avait envoyé un mail pour demander une place, mais aucune réponse. Nous découvrirons plus tard que… l’adresse mail indiquée sur leur site était fausse ! Oups ! Le plus drôle, c’est qu’ils le savent… mais n’ont toujours rien fait pour la corriger. C'est tout à fait Fidjien ! 

Nous partons donc en annexe directement demander une place. Et là, miracle : il reste la dernière place disponible pour un monocoque ! Ouf ! Voilà Amelting heart installé pour la saison des cyclones.


Mais l’entrée de la marina n’est pas une mince affaire : il y a très peu de fond et il faut impérativement rentrer à marée haute. Andrew part donc en reconnaissance avec l’annexe et… un bambou ! À l’ancienne, il sonde le chenal, mesure les profondeurs et tente d’établir un tracé suffisamment sûr.

Il décide finalement de rentrer cette nuit-là, car la marée sera plus importante. Pas vraiment rassurant : un chenal étroit, de nuit, avec une profondeur incertaine… la tension est à son maximum !

Mais tout se passe finalement parfaitement bien et nous voilà à quai, avec eau et électricité à volonté.

Enfin… presque.

Parce que, bien sûr, nous n’avons pas la bonne prise électrique ! 😄

Nous voilà donc partis en ville à la recherche de cet élément indispensable. Pas facile à trouver. Nous cherchons également une hélice pour le hors-bord, mais là encore, sans succès.

Et puis, au détour d’une rue, mes yeux se posent sur un panneau : « Immigration Office ».

Et là… tilt !

Même si nous avions soigneusement choisi d’ignorer le problème depuis près d’un mois, il serait peut-être judicieux de nous en préoccuper avant mon départ. D’autant que cette histoire de visa m’était quelque peu sortie de la tête…

Le lendemain, nous retournons donc à l’immigration avec nos passeports.

On m’annonce alors que je n’ai plus de visa depuis le 2 août !

Je leur explique gentiment qu’il y a une erreur. Il faudra tout de même près d’une heure pour qu’ils comprennent le problème, puis encore une bonne heure pour qu’ils réussissent à joindre le bureau de Suva. Finalement, celui-ci reconnaît l’erreur et accepte de modifier la date.

Ouf !

Pour Andrew, c’est encore une autre histoire : ils ne trouvent carrément aucune trace de sa demande ! Heureusement, il a conservé les références. Il finit par obtenir son tampon dans son passeport… alors même qu’il n’a pas fourni tous les documents demandés et que son passeport n’est même pas valable six mois !

Allez comprendre quelque chose à l’administration fidjienne !

Cela me rappelle furieusement nos aventures avec les visas en ligne pour le Togo… Certaines administrations semblent décidément avoir leur propre logique. 😄

Pendant ce temps, le compte à rebours continue : il ne me reste plus que deux jours avant mon départ et il faut maintenant s’attaquer aux voiles.

Réparations, coutures, consolidations… et surtout trouver une fenêtre sans pluie pour pouvoir les étaler sur l’herbe afin de les plier. Elles prennent une place folle dans le salon du bateau !

Heureusement, Andrew possède une superbe machine à coudre et, à deux, nous formons une plutôt bonne équipe. Nous réussissons à tout réparer et à consolider ce qui doit l’être.







Le matin même de mon départ, nous terminons les dernières coutures ainsi que quelques petits travaux pour lesquels Andrew avait besoin de mon aide.

Il partira quatre jours après moi et a encore pas mal de réparations à terminer, sans oublier tous les préparatifs en prévision de la saison cyclonique.

Et comme les Fidji sont décidément un petit monde, nous retrouvons Cat et Pat, que nous avions rencontrés deux mois auparavant à Viani Bay. Eux aussi sont installés à la marina.

Pour ma dernière soirée, nous sortons tous les quatre boire un verre puis dîner ensemble. Une soirée bien sympathique… et surtout l’occasion de découvrir enfin le plat national fidjien !

Il était temps !

Nous goûtons le kokoda, prononcé ici « kokonda » : l’équivalent fidjien du poisson cru tahitien. Du poisson blanc mariné dans le citron et le lait de coco, agrémenté d’oignons, de carottes et d’herbes.

Un vrai délice !

Comme quoi, entre une marina de luxe, une prise électrique introuvable, une histoire de visa rocambolesque, des voiles à réparer et un bon kokoda pour terminer… Nadi nous aura finalement réservé pas mal de surprises !

Et surtout, une dernière belle soirée avant de reprendre, chacun de notre côté, le chemin du retour.