Nous aurions pu rentrer par le chemin des écoliers, en multipliant les escales et les détours, mais non : Thierry a préféré rentrer directement sur Savusavu.
Nous avons levé l'ancre à 6 h 30 et commencé par une belle navigation au vent arrière avec une quinzaine de nœuds établis. Mowgli filait tranquillement entre 6 et 7 nœuds. À cette allure, nous risquions cependant d'arriver de nuit, ce qui n'est jamais recommandé dans ces eaux. Nous avons donc réduit la toile afin de ralentir un peu, d'autant que le vent continuait à forcir.
Un visiteur inattendu est également venu égayer notre navigation. Un fou brun a choisi de faire une halte sur Mowgli et a élu domicile sur les panneaux solaires. Pendant de longues minutes, il est resté là, parfaitement à son aise, observant l'horizon et contemplant son reflet dans les panneaux brillants.
Et entre nous, à voir son air sur la photo, il semble effectivement très convaincu que ce bateau lui appartient désormais ! 😄
La pêche nous a également réservé une surprise. Nous avons attrapé un beau barracuda, mais après quelques instants de réflexion, nous avons décidé de le relâcher. En tant que grand prédateur, il présentait un risque important de contenir la ciguatera, une intoxication malheureusement assez fréquente dans les récifs tropicaux. Mieux valait donc le laisser poursuivre sa route que prendre le risque de transformer un bon repas en mauvais souvenir.
La nuit a été nettement moins confortable. Avec près de 20 nœuds de vent et une houle de travers, le bateau a été bien secoué. Comme souvent dans ces conditions, le sommeil s'est résumé à de courtes périodes entre les quarts de deux heures.
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| Nous avons enfin pu déployer le génaker |
En passant devant la pointe où se trouvent le resort Jean-Michel Cousteau et un très joli mouillage, Thierry a décidé de s'y arrêter jusqu'au lendemain.
Le lendemain, nous avons effectué une petite plongée bouteille un peu plus loin en utilisant le matériel de Thierry. Malheureusement, la visibilité n'était pas au rendez-vous et les fonds n'étaient pas aussi spectaculaires que nous l'espérions.
Nous avons ensuite poursuivi notre route jusqu'au mouillage situé devant Daku Resort.
Le lendemain, pendant que Thierry allait récupérer son colis et faire quelques courses en ville, je suis partie repérer des logements. En effet, j'ai pris la décision de quitter le bord. L'ambiance est devenue vraiment difficile entre nous depuis quelque temps. C'est dommage d'avoir parcouru une si grande distance pour naviguer et finalement ne pas réussir à s'entendre. Au cours de ces derniers mois, j'aurai probablement passé davantage de temps sur Mowgli au chantier qu'en mer.
J'ai aidé Thierry à prendre une bouée de la marina Copra shed. Le cadre est magnifique et paisible.
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| les gros yatchs de Nawi marina |
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| on vient nous aider à prendre la bouée ! |
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| vue sur la ville |
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| et l'île de l'autre côté |
Les démarches administratives ont également occupé une partie de ma journée. Nous sommes passés à l'immigration afin de me retirer officiellement de la liste des équipiers de Mowgli. Je pensais que la formalité serait rapide, mais les agents avaient beaucoup de questions.
L'administration souhaitait également obtenir des preuves de réservation pour toute la durée de mon séjour. J'ai donc dû retourner à mon logement afin de demander une attestation de paiement pour les deux nuits déjà réservées. Comme si cela ne suffisait pas, il a aussi fallu fournir un relevé bancaire démontrant que je disposais des ressources nécessaires pour subvenir à mes besoins pendant mon séjour.
Autant dire qu'aux Fidji, on ne plaisante pas avec l'administration ! Tout s'est finalement arrangé, mais cette simple démarche m'aura pris beaucoup plus de temps et d'énergie que prévu. :::
J'ai trouvé une chambre à l'extérieur de la ville et je me mets maintenant à la recherche d'un nouvel embarquement. J'ai publié plusieurs annonces sur les réseaux sociaux et je compte passer régulièrement à la marina pour multiplier les contacts.
Il y a plein d'oiseaux en ville et sur la terrasse, beaucoup plus que dans les îles sauvages dont nous revenons !
Il y a une alerte météo qui m'arrange car cela signifie que les bateaux ne vont pas partir avant mardi. Tout bateau de moins de 15 m a interdiction de naviguer !
Il y a quelques jours, un Américano-Brésilien m'avait proposé une cabine sur son bateau. Je suis allée le rencontrer ce matin. Son catamaran est magnifique, parfaitement entretenu et remarquablement rangé. 🤪 La cabine destinée aux invités est presque luxueuse. Quant au skipper, il s'est montré accueillant, sympathique et semble particulièrement généreux.
Mais la chance n'était décidément pas de mon côté. Il vient d'apprendre de mauvaises nouvelles concernant sa famille et doit rentrer précipitamment.
J'ai bien cru que j'avais touché le gros lot...
Dommage !
























