Nous avons décidé de nous arrêter à Somosomo Village car, sur l’application No Foreign Land, nous avions repéré un couple qui proposait de super repas aux plaisanciers. Voilà qui tombait plutôt bien : un bon repas, surtout que nous n'avions plus grand chose à manger, une famille locale et l’occasion de découvrir un peu la vie du village… que demander de plus ?
Andrew a décidé de mouiller dans One Dollar Bay, juste à côté, afin d’aller voir l’épave d’un avion qui s’était écrasé pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes arrivés en fin de journée et, avec la nuit qui tombait, nous avons dû renoncer à aller jusqu’à l’épave. De toute façon, il semblerait qu’elle soit sous l’eau et qu’il faille y aller en snorkeling. Ce sera donc pour une autre fois… si notre courage et notre curiosité nous y ramènent !
En revanche, nous avons eu droit à une belle houle. Et quand je dis belle, je ne parle évidemment pas de celle qui vous berce gentiment pour vous endormir… Non, celle-là avait plutôt décidé de nous faire travailler notre équilibre toute la nuit. Il fallait s’accrocher partout : le bateau roulait et tanguait sans arrêt. Fini le doux bercement des vagues, place aux montagnes russes version maritime!
Le lendemain matin, pendant mon bain matinal Andrew m’a demandé d’attacher la main de fer le plus profondément possible le long de la chaîne, puis il a amené ce bout à l’arrière du bateau et l’a repris au winch. Résultat : le bateau s’est retrouvé face à la houle, ce qui a nettement amélioré les choses. Comme quoi, parfois, il suffit de lui expliquer dans quel sens regarder pour qu’un bateau devienne plus coopératif !
Nous nous sommes ensuite rendus au village en annexe, malgré la distance. C’était une marée basse exceptionnelle et les villageois en profitaient pour pêcher à pied notament les poulpes.
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| certains ont froids !! |
Dans les villages et surtout pour le sevusevu, il faut avoir un telu (paréo) pour couvrir ses genoux et avoir les épaules couvertes. Pas de chapeau ni de lunettes de soleil non plus !
Nous avons rencontré la petite-fille du chef, qui nous a conduits jusqu’à lui pour le sevusevu. Elle a même joué les interprètes, car le chef ne parle pas anglais.
En passant, elle a sonné leur tambour. Elle nous a expliqué — enfin, elle nous a surtout fait croire — que c’était simplement parce qu’il était midi. Nous avons découvert un peu plus tard la véritable raison : elle venait de prévenir les villageoises que des touristes étaient arrivés ! Quelques minutes après, les voilà qui débarquaient pour nous proposer leur artisanat. Ah… le fameux tambour de midi !
Nous avions réservé un dîner chez Val et Ben, comme indiqué sur No Foreign Land. Val revenait justement de la pêche. Elle avait récolté des algues appelées « raisins de la mer », de petites billes vertes qui ressemblent effectivement à de minuscules grappes de raisin. Apres les avoir emballées dans des paniers tressés en palme de cococtier, elle les expédie ensuite en bateau vers l’île principale, où elles sont vendues.
En repartant du village, nous avons rencontré un couple de voileux qui étaient en train d’aider un habitant à réparer ses panneaux solaires. Ils étaient sur le point de partager son déjeuner et leur hôte nous a généreusement invités à nous joindre à eux. C’était vraiment très sympa et cela m’a permis de goûter ces fameux raisins de la mer, préparés avec du lait de coco. Eh bien ma foi, ce n’est pas mauvais du tout : frais, croquant et juteux. Une découverte !
De retour au bateau, je suis allée faire un peu de snorkeling, histoire de ne pas trop subir la houle. Plusieurs autres bateaux qui étaient venus mouiller dans la baie repartaient justement à cause des conditions. Mais Andrew, lui, ne voulait pas bouger. Manifestement, il avait décidé que nous allions résister jusqu’au bout !
Le soir est finalement arrivé, et là… grosse déception.
Certes, Val et Ben avaient installé une jolie table et préparé quantité de plats. Mais les plats étaient assez simples, peu élaborés et surtout… froids. Mais ce qui nous a le plus déçus, ce n’est finalement pas la cuisine.
C’est que nos hôtes n’ont pratiquement pas partagé le repas avec nous : Val s’est mise à dormir tandis que Ben regardait tranquillement un match sur son téléphone. Pas vraiment l’idée que nous nous faisions d’un dîner chez l’habitant !
Heureusement, sa sœur est arrivée et a heureusement sauvé la soirée. Elle a pris le temps de discuter avec nous et de répondre à toutes nos questions sur l’île, leur culture et leur façon de vivre.
Car finalement, pour nous, c’est justement ça le but de ces repas chez l’habitant : pas seulement manger local, mais surtout rencontrer une famille, échanger, comprendre un peu mieux leur quotidien et partager un moment avec eux. Et sur ce point-là, nous sommes un peu restés sur notre faim… même si, paradoxalement, nous avions bien mangé !
Je vous ai préparé un petit film pour vous faire découvrir Somosomo Village et vous montrer un peu l’ambiance de ce petit village fidjien.
Le lendemain, nous avons repris la navigation vers le sud de l’île, où se trouve un passage bien connu sous le nom de Manta Alley. À marée haute, les raies manta viennent régulièrement y faire leur petit marché… ou plutôt leur petit nettoyage, puisqu’elles profitent du courant pour se faire débarrasser de leurs parasites par les poissons nettoyeurs.
Nous avons donc mouillé aussi près que possible du passage et sommes partis en annexe, bien décidés à partir à la rencontre de ces magnifiques créatures.
Sauf que… nous étions à marée basse. Et à marée basse, les mantas avaient manifestement autre chose à faire : pas une seule à l’horizon ! 😄
Heureusement, le snorkeling était absolument superbe et nous n’avons pas perdu notre temps. De magnifiques fonds, une eau claire et une belle vie sous-marine : finalement, même sans raies manta, le spectacle valait largement le déplacement.
Le lendemain matin, nous sommes revenus très tôt, cette fois à la bonne heure. Et là, miracle : quelques raies manta étaient bien au rendez-vous ! ou etait ce la meme trois fois ? Nous avons eu la chance d’en voir, même si elles étaient moins nombreuses que je l’espérais.
Le problème, c’est que l’endroit est désormais très fréquenté. De nombreux bateaux de touristes viennent y déverser leurs passagers, auxquels se joignent quelques voileux comme nous, tous bien décidés à nager avec les mantas. Résultat : beaucoup de monde dans l’eau, des palmes dans tous les sens et une impression générale d’être à la piscine municipale… version manta !
Pas vraiment les conditions idéales pour profiter tranquillement de ces magnifiques animaux.
Mais bon, nous avons quand même eu la chance d’en rencontrer quelques-unes, et rien que pour ça, Manta Alley méritait le détour.








