Translate

09 août 2026

Namatay Bay: un mouillage bien agité !

 La météo annonçait des vents costauds. Il fallait donc aller se mettre à l’abri. Plutôt que de descendre rapidement vers le sud, où les vents seraient moins forts, Andrew a choisi Namatay Bay, une baie au sud de Yasawa-i-Rara. Le plan était simple : se mettre à l’abri… et accepter d’y rester au moins trois jours.

Heureusement, nous avons pu aller à terre tous les jours. Bon, il fallait parfois se faire copieusement mouiller en chemin, mais l’inconvénient est finalement assez temporaire : aux Fidji, les vêtements sèchent à une vitesse qui ferait pâlir un sèche-linge.

Un chemin ! Quel luxe !

Le premier jour, nous rencontrons un pêcheur sur sa planche qui nous indique qu’un chemin mène à son village, situé dans la baie voisine.


Un chemin ! Quel luxe !

Et pas n’importe lequel : il serpente entre les cocotiers, puis s’enfonce dans la forêt. En vingt minutes, nous voilà au village. 



Qui dit village dit évidemment sevusevu. Nous revenons donc le lendemain avec nos racines de kava sous le bras.

La cérémonie est sympathique. Le chef étant actuellement sur la grande île, Viti Levu, c’est son second qui nous reçoit. Un homme qui partage apparemment sa vie entre le village, Viti Levu et Sydney. Une sorte de navette Fidji-Australie, version traditionnelle !

Le village est plutôt riche car il possède les fameuses grottes sous-marines, une attraction touristique importante. Beaucoup d’habitants sont donc partis vivre sur l’île principale, ce qui explique que de nombreuses maisons soient fermées.





40 nœuds : ambiance sonore garantie

Le deuxième jour, les choses deviennent un peu plus sportives avec des rafales jusqu’à 40 nœuds.

Depuis le fond de ma cabine, j’entends les hurlements du vent, accompagnés de toute une symphonie de bruits divers : les bouts qui cognent contre le mât, l’ancre qui tire, le bateau qui travaille…

Je me demande un instant si je devrais avoir peur.

Puis je regarde Andrew.

Andrew est serein.

Donc, conformément à ma méthode scientifique personnelle, j’en conclus que je n’ai aucune raison de m’inquiéter.

L’ancrage tient bon, tout est bien amarré sur le pont : tout va bien.

Enfin… jusqu’au soir.

L’annexe fait sa vie

Avant d’aller se coucher, Andrew sort pour essayer d’arrêter un cliquetis particulièrement agaçant.

Et là, il m’appelle à l’aide.

Le dinghy, avec le moteur hors-bord dessus, s’est retourné. Le moteur patauge dans l’eau de mer depuis… on ne sait pas combien de temps.

Andrew plonge immédiatement pour récupérer ce qu’il peut sous l’annexe, mais surtout la nourrice, qui ne tient plus que par son tuyau d’alimentation en essence.

Autant dire qu’elle n’aurait probablement pas passé la nuit.

Heureusement, qu' Andrew a eu la bonne idée de sortir vérifier ce fameux cliquetis !

Il faut maintenant retourner l’annexe, ce qui n’est pas une mince affaire avec le poids du moteur. Mais là encore, Andrew m’impressionne par son inventivité : en quelques secondes, il attache des bouts dans tous les sens, autour de l’annexe, et transforme notre pont en atelier de matelotage improvisé.

Nous utilisons ensuite le winch pour retourner le dinghy.

Opération « sauvetage du hors-bord »

Comme vous pouvez l’imaginer, un moteur hors-bord n’apprécie que très modérément les bains prolongés dans l’eau de mer.

Il faut donc agir vite.

Andrew se lance dans le rinçage, le démontage des bougies, du carburateur et de tout un tas de choses dont j’ignore totalement le nom.

Moi, je l’assiste du mieux que je peux, principalement en maintenant le moteur à la verticale 

Vers minuit, miracle : Andrew réussit à redémarrer le moteur !

Nous pouvons enfin aller nous coucher, en décidant que le dinghybien attaché, désormais complètement vide, pouvait vivre sa vie comme il l’entendait.

Après toutes ces acrobaties nocturnes, avec un vent qui nous empêchait presque de tenir debout, nous étions quelque peu… comment dire… achevés.

Le bilan, finalement, n’est pas si catastrophique :

  • un seau perdu ;

  • nos chaussures  que nous avions eu la bonne idée de descendre;

  • les rames toujours là ;

  • l’ancre toujours là ;

  • et surtout, le moteur sauvé.

On s’en sort plutôt bien.

Le lendemain : deuxième épisode

Le lendemain matin, évidemment, le dinghy est à nouveau à l’envers.

Mais cette fois, sans le moteur, c’est beaucoup plus facile à retourner.

Je me dévoue donc pour aller dans l’eau.


Petite vidéo à l’appui : je vous montre comment je sors de l’eau tous les matins à la force de mes bras, plutôt que de mettre l’échelle dans l’eau


.

Un jour, j’ai plongé pour me rincer les cheveux que je venais de shampouiner, oubliant que je n'avais pas mes palmes.

Sans mes palmes, impossible de remonter !

Comme quoi, même après 150 plongées, on peut encore découvrir qu’un détail aussi insignifiant que ne plus avoir de palmes peut soudain devenir un problème majeur.

Flashback de mouillage

Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que notre annexe nous jouait des tours. Lors d’un mouillage précédent, nous n’avions pas suffisamment remonté le dinghy et il a été quelque peu malmené par les rouleaux qui déferlaient sur la plage à marée haute. Nous avons eu une des roues arrachée et perdu une rame. Andrew, fidèle à lui-même, a profité d’un peu de temps libre pour en refaire une : comme quoi une planche à découper peut avoir différentes fonctions.

 


Dommage qu’elle n’ait pas été un peu plus grande, mais encore bravo à mon skipper Mc Gyver !

Un petit air d’Afrique

Pour nous remettre de nos émotions, nous partons faire une grande promenade sur la plage.



Et, bien sûr, nous sommes tentés de grimper un peu à l’intérieur de l’île.

Pas de montagne ici, mais quelques mètres de hauteur suffisent pour découvrir de magnifiques couleurs sur la mer.

Les herbes jaunies par la sécheresse me rappellent l’Afrique.

Nous voilà donc plongés dans un décor complètement inattendu : Out of Africa… version Fidji !

Le contraste est grandiose : le bleu intense de la mer, les cocotiers, la végétation sèche et cette lumière presque africaine.


J’en profite pour tester mon équilibre en grimpant aux cocotiers.


Alors, qu’en pensez-vous ?

Avec les rafales de 40 nœuds, évidemment, c’était complètement inenvisageable.

Mais avec l’IA…

On peut apparemment faire des miracles ! 😄




05 août 2026

Le nord des Yasawa

 

Après douze heures de navigation paisible, les premières îles des Yasawa se dessinent enfin à l'horizon. Un comité d'accueil exceptionnel nous y attend : toute une bande de dauphins vient jouer autour du bateau. J'adore ces rencontres, c'est si rare aux Fidji.

 Les Yasawa forment un long chapelet d’îles volcaniques qui s’étire au nord-ouest de Viti Levu. Réputé pour ses plages de sable blanc, ses eaux turquoise et ses reliefs escarpés, l’archipel est l’une des destinations les plus touristiques des Fidji. On y trouve de nombreux resorts, des clubs de plongée. Malgré cette fréquentation, il suffit souvent de s’éloigner un peu des principaux mouillages pour retrouver le calme, des villages fidjiens authentiques et des paysages toujours aussi grandioses.


Nous mouillons au nord de la grande île septentrionale des Yasawa. Ensuite, nous faisons le sevusevu à terre, dans le premier village que l'on rencontre.  Il s'agit de Yasawa-i-rara. À notre grande surprise, le chef est une femme de 80 ans. Mais en fait, c'est son fils qui dirige la cérémonie. Comme nous sommes un peu à court de kava, parce que nous sommes partis depuis longtemps, on a divisé les bottes que l'on avait. Et on a rajouté un paquet de kava broyé. Ça n'a pas été apprécié, on s'est fait rappeler à l'ordre, comme quoi c'était une insulte.



Dans les Yasawa, l'accueil a été très différent des villages précédents. Là où peu de visiteurs passent d’habitude, ici, de nombreux voiliers croisent chaque semaine, rejoints parfois par des petits bateaux de croisière. La proximité des resorts apporte aussi des visiteurs. On sent que cela crée davantage d'opportunités pour gagner un peu d'argent. Mais on a parfois l'impression d'être plus sollicité pour de l'argent que réellement accueilli, comme dans les villages précédents.

le fait d'être endimanché ne nous empêche pasde se balader sur la plage !

et de crapahuter 

Nous avons été copieusement secoués toute la nuit par une forte houle. Autant dire qu’au petit matin, nous n’avons pas eu besoin de réveil : le bateau s’en était chargé ! 😄

Nous avons donc appareillé pour rejoindre la baie suivante, qui, sur le papier, semblait nettement mieux protégée de la houle. Direction Champagne Bay, Rien que le nom donne envie de sabrer une bouteille, mais on s'est contenté de la plage, immense, sable fin, pas un chat, à part nous 



Une fois à terre, nous sommes partis nous balader avec l’idée de grimper jusqu’au sommet de la montagne. Finalement, plutôt que de jouer les explorateurs de l’extrême, nous avons trouvé une route… et même un villageois tranquillement occupé à travailler dans ses cultures. La montagne attendra !

Sur le chemin du retour, nous avons été rattrapés par une joyeuse troupe d’enfants qui rentraient de l’école du deuxième village. Ils rejoignaient Champagne Bay à pied pour prendre le bateau qui devait les ramener chez eux, à Rara. Ils couraient pour ne pas être en retard, car sinon on les aurait frappé 😯

Le bateau n’était pas encore là… Nous avons donc eu tout le temps de profiter de leur compagnie, pour notre plus grand bonheur.


Et là, quel moment ! Les enfants se sont mis à chanter, à danser, à rire… et m’ont même préparé une petite chanson avec mon prénom. 🥰

Un véritable petit spectacle improvisé, rien que pour nous !


Nous avons adoré ce moment de partage, simple, spontané et tellement chaleureux. C’est exactement pour ces instants-là que l’on aime voyager : quelques enfants, un bateau en retard, beaucoup de rires… et des souvenirs qui réchauffent le cœur!

Le lendemain matin, nous voilà repartis pour une grande marche sur l’immense plage de Champagne Bay. Du sable fin à perte de vue, une eau magnifique et personne à l’horizon : franchement, difficile de se plaindre ! Une vraie parenthèse paradisiaque… et une excellente façon de se dégourdir les jambes.




Après cette belle balade, il fallait évidemment penser à l’essentiel : se désaltérer ! Et quoi de mieux qu’une noix de coco fraîchement cueillie ?

Andrew s’est donc lancé dans une expédition « noix de coco », sauf qu’un petit détail venait compliquer l’affaire : nous n’avons pas de machette ! Qu’à cela ne tienne ! Il a ressorti le fameux système D, version Robinson Crusoé des mers du Sud. Une technique qu’il avait d’ailleurs largement améliorée grâce aux conseils des enfants rencontrés la veille.

Après quelques essais et beaucoup de bonne volonté, victoire ! Nous avons enfin réussi à ouvrir les noix de coco et à déguster leur jus bien frais. Un vrai régal… et finalement, pas besoin de grand-chose pour être heureux : une plage, quelques cocotiers et un Andrew armé de son système D !


Après une petite nav de deux heures bien agréable on a fait escale dans la baie de Ndevoi. Il y avait encore trop de vent pour faire du snorkeling alors nous sommes partis marcher.




01 août 2026

De Kia à Yadua : entre récifs, randonnée et 30 nœuds de vent !

 

Nous avons quitté l’île de Kia avec pour objectif de rejoindre l'île de Yadua qui se situe entre Vanua Levu et les Yasawa. Au départ, nous avions envisagé de faire le trajet directement, en naviguant toute une nuit. Mais en regardant de plus près la route, nous nous sommes aperçus qu’elle passait par le lagon, le récif étant très éloigné de la côte. Et surtout, une bonne partie du parcours traversait une zone… non cartographiée !

Déjà que les cartes marines peuvent réserver quelques surprises lorsqu’elles sont cartographiées, il n’était évidemment pas question pour nous de naviguer toute une nuit dans une zone non cartographiées. Nous avons donc décidé de faire une première escale à Nucunbati island, sans grand intérêt particulier, mais parfaite pour passer la nuit.

Nous étions juste à côté d’un resort qui proposait des plongées sur le récif. Andrew a gentiment proposé de rester une journée de plus pour que j'aille plonger. Malheureusement, impossible de joindre le club. Et, de toute façon, ils ne proposaient que des packages. Nous avons appris par la suite que le resort éait tout simplement fermé !

Nous avons donc repris notre route et fait une nouvelle escale sur l’île de Yaqaga.

Cette fois, la navigation a été particulièrement agréable. Nous avions environ 10 nœuds de vent et, comme nous naviguions à l’intérieur du lagon, la mer était parfaitement calme. Il fallait simplement rester attentifs et slalomer entre les récifs. Plus tard, le vent est devenu plus fort et surtout beaucoup plus changeant ce qui était moins agréable.

À notre arrivée, nous avons découvert une magnifique plage et avons décidé de faire une pause ici. En chemin, nous avions même réussi à pêcher un Spanish mackerel, qui s’est révélé absolument délicieux !








Le lendemain, nous avons entrepris l’ascension de la montagne. Enfin… « entrepris » est un grand mot, car bien évidemment, il n’y avait aucun chemin ! Deux heures de montée dans la végétation et de grimpette sur les rochers pour atteindre le sommet, puis 45 minutes pour redescendre.

Mais l’effort en valait largement la peine. Du sommet, nous avions une vue magnifique sur notre mouillage, mais aussi sur l’autre côté de l’île et sur Vanua Levu. Les différentes nuances de bleu du lagon et les couleurs des récifs étaient absolument splendides.








Andrew m’a d’ailleurs remerciée : tout seul, il n’aurait probablement jamais trouvé la motivation pour entreprendre cette grimpette ! Mais une fois arrivé en haut, il a largement apprécié le spectacle.

À peine revenus de notre randonnée, nous avons dû repartir. Nous voulions arriver à Yadua avant la nuit. J’ai quand même pris le temps de me jeter rapidement dans l’eau pour un petit bain avant d’appareiller.

Le vent soufflait fort, alors nous avons pris un ris dans la grand-voile.

Sauf que… finalement, il n’y avait que 15 nœuds et nous n’avancions pas ! 🫨

Nous avions un horaire à respecter 😂 Alors nous avons décidé de remettre toutes les voiles.

Et là… le vent a commencé à forcir.

25 nœuds… puis 30 nœuds !!



Nous nous sommes donc retrouvés à naviguer avec 30 nœuds de vent, toutes voiles dehors ! 😱

À un moment, Andrew est allé prendre un ris à l’avant du bateau. Évidemment, sans être attaché… 🙄 Il y avait tellement de tension dans la voile qu’elle refusait de descendre. Il a finalement dû attacher l’anneau pour pouvoir tirer dessus et réussir à la faire descendre.

Avec toute cette toile et ce vent, nous avons atteint plus de 8 nœuds !

La navigation est devenue très physique. Le bateau gîtait beaucoup et nous étions au vent de travers. Mais quelle sensation ! Après les navigations tranquilles dans le lagon, nous voilà soudain lancés à pleine vitesse vers l'île de Yadua, avec 30 nœuds de vent dans les voiles… 😱

Grâce à tout ce vent, nous avons finalement réussi à mouiller avant la nuit. Mission accomplie !

Malheureusement, cette belle navigation a laissé quelques traces…

Nous avions déjà une déchirure dans la grand-voile : nous en avons maintenant deux. Oups ! 😬

Le génois, lui aussi, a subi quelques dégâts, avec plusieurs déchirures au niveau de la bande UV.

Andrew a bien une machine à coudre pour réparer mais il y a trop de vent pour retirer les voiles !

Le premier jour, après une balade sur la plage, nous sommes restés tout l’après-midi sur le bateau. Une première ! Ça m'a fait du bien de me reposer un peu 😉

La raison ? La météo annonçait encore plus de vent.

Et effectivement, nous avons eu jusqu’à 35 nœuds au mouillage ! Ça tangue, ça tourne et ça souffle ! Il me faut une bonne dose de courage pour aller me baigner le matin… 😂 L'eau est à 25 degrés mais il ne fait pas chaud dehors avec le vent 🥶

J'en ai profité pour faire un peu de nettoyage et de rangement 😜



Le lendemain, nous sommes partis à la découverte de l’île. Comme souvent ici, pas question de suivre un sentier : nous avons grimpé sans chemin, en essayant de nous repérer grâce à la vue satellite et, lorsque celle-ci ne suffisait plus, en montant dans les arbres pour essayer de voir où nous étions !


Nous avons tout de même été récompensés par une magnifique vue sur notre mouillage. Nous avions prévu de pousser jusqu’à la baie suivante, mais avons finalement dû renoncer. La végétation et le relief avaient eu raison de notre enthousiasme !


on apperçoit le bateau


Pendant notre exploration, nous avons rencontré des habitants venus du seul village de l’île pour faire du coprah. Et, pour la première fois depuis le début de notre voyage, on nous a reclamé le sevusevu.

Ce fut une version express, directement sur la plage ! Bien loin de la tradition il netait interessé que par le cava

Nous avons appris plus tard que l’homme qui nous avait accueillis n’était… que le petit-fils du chef ! 😄

Ici, il ne pleut apparemment pas suffisamment pour pouvoir cultiver le kava. L’île vit donc principalement de ses cocotiers et du coprah.



Comme d'habitude,  Andrew ne revient pas les mains vides de la plage; il a fait un peu de nettoyage et a trouvé ce super pantalon !

Pour terminer la journée, petit snorkeling autour du bateau, avec la visite d’un requin pointe blanche et d’une tortue.

Après les 35 nœuds de la veille, cela faisait du bien de retrouver un peu de calme sous l’eau !

Nous avons été mouiller dans une autre baie