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24 août 2026

Escale à Sydney

 


J’ai choisi de faire escale à Sydney afin de couper un peu ce très long retour. Je n’y passe que deux nuits, car les hôtels sont hors de prix, même en choisissant une formule avec salle de bain partagée. Mais bon, après plusieurs mois de navigation, une escale à Sydney, ça se mérite !

J’atterris à 22 h 30, soit minuit et demi à l’heure des Fidji. Mais, curieusement, je suis encore en pleine forme. Alors, je prends le métro rapide qui m’emmène en ville. L’hôtel est annoncé à cinq minutes à pied de la station… ce qui doit être vrai, à condition de prendre la bonne sortie !

Évidemment, je ne prends pas la bonne.

Me voilà donc à déambuler dans Sydney avec mon gros sac de 27 kg, à la recherche de mon hôtel, avec en prime quelques escaliers histoire de pimenter la balade. J’avais pourtant essayé de laisser mon sac à l’aéroport, mais la consigne était fermée. Tant pis, je vais faire du tourisme… version haltérophilie.

Je finis par trouver l’adresse, mais pas l’entrée. À la place, je découvre un pub, un couloir en impasse avec des machines à sous et des jeux… mais aucune trace d’un hôtel ! Quelqu’un finit par m’expliquer que je dois entrer dans le pub : c’est là que se trouve la « réception ».

Je pensais que c’était uniquement parce qu’il était tard. Pas du tout ! En fait, il n’y a tout simplement pas de réception.

Le barman me conduit à ma chambre, deux étages plus haut. Et, heureusement, il m’aide à monter mon énorme sac, car bien sûr, il n’y a pas d’ascenseur.

J’ouvre la porte… et là : la chambre n’a pas été faite !

Après quelques vérifications, un coup de téléphone à la chef et beaucoup d’excuses, tout le monde se montre adorable. On me propose même de m’offrir un verre au bar le temps que la chambre soit préparée.

Et voilà comment je me retrouve, à deux heures du matin, à siroter tranquillement un cider dans un pub de Sydney !

Finalement, la chambre est très bien : un petit réfrigérateur, une bouilloire et surtout… un vrai lit ! Une des salles de bain est juste en face de ma chambre, ce qui me permet de m’y rendre dans une tenue très légère : nue, enveloppée dans une serviette certes un peu courte.

Je me fais alors la réflexion qu’il vaut mieux surtout ne pas oublier la clé dans la chambre. Parce que devoir redescendre au pub dans cette tenue pour demander de l’aide aurait certainement constitué un souvenir mémorable pour les clients… et surtout pour moi !

J’ai donc vérifié deux fois que j’avais bien la clé.

Quel bonheur de retrouver des draps propres, secs, qui ne sentent ni l’humidité ni le sel, et un grand lit bien moelleux ! Un vrai régal. Et que dire de la douche à l’italienne avec de l’eau chaude à volonté…

Voilà les joies du retour à la civilisation et au confort ! Pas besoin d’un hôtel quatre étoiles pour savourer ces petits plaisirs. Après plusieurs mois sur un bateau, un lit sec et une douche chaude peuvent prendre des airs de palace.

Sydney au fil de l’eau

Le lendemain, je pars à la découverte de Sydney. Pas de programme précis, pas de liste de monuments à cocher : je décide simplement de déambuler et de profiter de la ville.

C’est dimanche, il fait un temps superbe, avec une température très agréable de 18 °C. Les familles se promènent, les sportifs courent, les terrasses sont animées… Bref, Sydney profite tranquillement de son dimanche.










Je prends ensuite un bateau — un vrai transport en commun, pas une excursion touristique — pour aller jusqu’à Manly Beach. Une excellente façon de découvrir la ville depuis la mer et d’avoir une jolie vue sur la baie.






Manly est une grande plage tournée vers l’océan, qui semble être the place to be le dimanche. Il y a des surfeurs, des plongeurs et même quelques courageux baigneurs, malgré une eau qui doit être autour de 16 °C. Pour moi, c’est comme une belle journée d’hiver chez nous : très agréable pour se promener, mais pas forcément pour aller se jeter à l’eau !








Dans les parcs, et même en ville, je croise les fameux ibis blancs, qui semblent avoir parfaitement adopté la vie citadine.

Sur la plage, ce sont les mouettes argentées qui m’amusent. Elles tentent régulièrement de me chaparder mon sandwich avec cette assurance propre aux oiseaux qui savent pertinemment que les humains finissent toujours par céder surtout moi 😉.

Quelques cormorans sont également installés sur les rochers, imperturbables devant toute cette agitation.

The Rocks, un petit bout d’histoire

Le lendemain matin, je dois attendre que le pub ouvre à 10 heures pour pouvoir y laisser mes bagages. Cela me laisse quatre heures pour découvrir The Rocks, le quartier historique de Sydney.

The Rocks est l’un des plus anciens quartiers de la ville. C’est ici, près de Sydney Cove, que s’installèrent les premiers colons britanniques en 1788, avec l’arrivée de la First Fleet. Le quartier s’est développé autour du port, avec ses petites rues, ses bâtiments en grès et ses anciennes maisons. Il a connu une histoire mouvementée, entre marins, ouvriers, pubs et entrepôts, avant de devenir aujourd’hui l’un des quartiers les plus touristiques de Sydney.

Je me balade donc tranquillement dans ses ruelles, entre les vieilles pierres et les bâtiments modernes qui rappellent à quel point Sydney mélange histoire et modernité.





Jz fais un petit tour sur le Harbourg bridge pour voir la vue.






Puis il est temps de récupérer mes bagages et de reprendre la route… enfin, plutôt les airs !

Et ça repart pour un tour !

Je suis heureusement arrivée très en avance à l’aéroport international. Et j’ai bien fait, car je découvre alors que le comptoir de Qatar Airways n’ouvre qu’un quart d’heure avant le départ de mon vol ! 🤔😕😨

Au moment du changement de mon billet, on m’a ajouté une escale à Adelaide. Sauf que le vol pour Adelaide est un vol intérieur, opéré par Virgin Australia. Je dois donc changer d’aéroport.

Pas de panique : un bus gratuit relie les deux terminaux. Une petite aventure supplémentaire, mais rien de bien compliqué.

Le vrai problème arrive à l’enregistrement.

Mon sac pèse 27 kg et j’ai droit à… 25 kg.

L’hôtesse se montre totalement intraitable. J’ai beau retirer des affaires, rien à faire : elle ne veut rien savoir. Mes affaires commencent donc à s’empiler sur le sol autour de moi. À ce rythme-là, je vais finir par voyager avec mes vêtements sous le bras !

Et c’est alors qu’une passagère adorable me tend un sac de courses.

Génial !

Je fourre tout ce que je peux dedans, façon déménagement express. Finalement, mon sac affiche 25,1 kg… et, miracle, elle accepte de l’enregistrer !

Heureusement, malgré le changement de compagnie, mon bagage est enregistré directement jusqu’à Nice. Est-ce qu’il arrivera vraiment ? Mystère… Mais bizarrement, dans ce sens-là, je suis beaucoup plus sereine. Après tout, si mon sac décide de prolonger un peu ses vacances, il aura peut-être de bonnes raisons !

Allez, c’est parti pour un très, très long voyage.

Deux heures de vol jusqu’à Adelaide, puis quatorze heures jusqu’à Doha, et enfin six heures jusqu’à Nice.

Avec les escales et les trajets entre les aéroports, cela me fait environ 34 heures de voyage !

Mais ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ?

À ce rythme-là, je devrais bientôt retrouver mes vingt ans ! 😉

22 août 2026

Nadi : Vaisoso marina

 Nous sommes partis à la découverte de Denarau, dont nous avions entendu parler par différents voileux. Mais nous étions loin d’imaginer ce qui nous attendait !

Denarau, c’est une immense marina de luxe d’où partent les ferries qui emmènent les touristes vers les différentes îles des Fidji. Partout, des magasins, des restaurants chics, de grands hôtels… et même un golf ! Bref, tout ce qu’il faut pour passer des vacances très confortables, avec probablement un peu plus de champagne que de kava.

Pour nous, ce n’est pas vraiment our cup of tea… Restons dans le contexte anglais ! 😄

Nous prenons un bus pour aller jusqu’au centre-ville de Nadi, histoire de trouver un restaurant à un prix un peu plus raisonnable. Puis nous appareillons pour nous rapprocher de la marina qu’Andrew avait repérée.

Il avait envoyé un mail pour demander une place, mais aucune réponse. Nous découvrirons plus tard que… l’adresse mail indiquée sur leur site était fausse ! Oups ! Le plus drôle, c’est qu’ils le savent… mais n’ont toujours rien fait pour la corriger. C'est tout à fait Fidjien ! 

Nous partons donc en annexe directement demander une place. Et là, miracle : il reste la dernière place disponible pour un monocoque ! Ouf ! Voilà Amelting heart installé pour la saison des cyclones.


Mais l’entrée de la marina n’est pas une mince affaire : il y a très peu de fond et il faut impérativement rentrer à marée haute. Andrew part donc en reconnaissance avec l’annexe et… un bambou ! À l’ancienne, il sonde le chenal, mesure les profondeurs et tente d’établir un tracé suffisamment sûr.

Il décide finalement de rentrer cette nuit-là, car la marée sera plus importante. Pas vraiment rassurant : un chenal étroit, de nuit, avec une profondeur incertaine… la tension est à son maximum !

Mais tout se passe finalement parfaitement bien et nous voilà à quai, avec eau et électricité à volonté.

Enfin… presque.

Parce que, bien sûr, nous n’avons pas la bonne prise électrique ! 😄

Nous voilà donc partis en ville à la recherche de cet élément indispensable. Pas facile à trouver. Nous cherchons également une hélice pour le hors-bord, mais là encore, sans succès.

Et puis, au détour d’une rue, mes yeux se posent sur un panneau : « Immigration Office ».

Et là… tilt !

Même si nous avions soigneusement choisi d’ignorer le problème depuis près d’un mois, il serait peut-être judicieux de nous en préoccuper avant mon départ. D’autant que cette histoire de visa m’était quelque peu sortie de la tête…

Le lendemain, nous retournons donc à l’immigration avec nos passeports.

On m’annonce alors que je n’ai plus de visa depuis le 2 août !

Je leur explique gentiment qu’il y a une erreur. Il faudra tout de même près d’une heure pour qu’ils comprennent le problème, puis encore une bonne heure pour qu’ils réussissent à joindre le bureau de Suva. Finalement, celui-ci reconnaît l’erreur et accepte de modifier la date.

Ouf !

Pour Andrew, c’est encore une autre histoire : ils ne trouvent carrément aucune trace de sa demande ! Heureusement, il a conservé les références. Il finit par obtenir son tampon dans son passeport… alors même qu’il n’a pas fourni tous les documents demandés et que son passeport n’est même pas valable six mois !

Allez comprendre quelque chose à l’administration fidjienne !

Cela me rappelle furieusement nos aventures avec les visas en ligne pour le Togo… Certaines administrations semblent décidément avoir leur propre logique. 😄

Pendant ce temps, le compte à rebours continue : il ne me reste plus que deux jours avant mon départ et il faut maintenant s’attaquer aux voiles.

Réparations, coutures, consolidations… et surtout trouver une fenêtre sans pluie pour pouvoir les étaler sur l’herbe afin de les plier. Elles prennent une place folle dans le salon du bateau !

Heureusement, Andrew possède une superbe machine à coudre et, à deux, nous formons une plutôt bonne équipe. Nous réussissons à tout réparer et à consolider ce qui doit l’être.







Le matin même de mon départ, nous terminons les dernières coutures ainsi que quelques petits travaux pour lesquels Andrew avait besoin de mon aide.

Il partira quatre jours après moi et a encore pas mal de réparations à terminer, sans oublier tous les préparatifs en prévision de la saison cyclonique.

Et comme les Fidji sont décidément un petit monde, nous retrouvons Cat et Pat, que nous avions rencontrés deux mois auparavant à Viani Bay. Eux aussi sont installés à la marina.

Pour ma dernière soirée, nous sortons tous les quatre boire un verre puis dîner ensemble. Une soirée bien sympathique… et surtout l’occasion de découvrir enfin le plat national fidjien !

Il était temps !

Nous goûtons le kokoda, prononcé ici « kokonda » : l’équivalent fidjien du poisson cru tahitien. Du poisson blanc mariné dans le citron et le lait de coco, agrémenté d’oignons, de carottes et d’herbes.

Un vrai délice !

Comme quoi, entre une marina de luxe, une prise électrique introuvable, une histoire de visa rocambolesque, des voiles à réparer et un bon kokoda pour terminer… Nadi nous aura finalement réservé pas mal de surprises !

Et surtout, une dernière belle soirée avant de reprendre, chacun de notre côté, le chemin du retour.





16 août 2026

Katua : plongée avec des requins bulldogs !

 Depuis longtemps, j’avais demandé à Andrew de faire cette étape… et cette fois, impossible d’y échapper ! C’était la dernière île des Yasawa, celle que j’attendais avec impatience pour une expérience un peu particulière.

Une belle navigation nous a conduits jusqu’à proximité du Katua Barefoot Resort, un petit coin de paradis où j’avais rendez-vous avec des habitants un peu spéciaux : des requins bulldog.





Il faut dire qu’aux Fidji, j’avais été un peu frustrée côté requins. Après la Polynésie, où j’avais appris à aimer et respecter ces magnifiques créatures, je trouvais qu’ils s’étaient faits plutôt discrets ici. Alors quand j’ai entendu parler de cette plongée, mon intérêt a immédiatement été éveillé.

Cette fois, pas de rencontre furtive au détour d’un récif : nous allions plonger au cœur du territoire de l’un des requins les plus impressionnants au monde. Le requin bulldog fait partie des trois espèces considérées comme les plus potentiellement dangereuses pour l’homme. Un animal puissant, massif, avec une présence qui ne laisse évidemment pas indifférent.

Le principe de la plongée est assez particulier. Une dizaine de requins viennent régulièrement sur le site, attirés par quelques têtes de poissons distribuées uniquement le matin. L’objectif est de créer une habitude sans pour autant les rendre dépendants : après ce petit rendez-vous quotidien, ils repartent vivre leur vie de requin, libres de parcourir l’océan.

Nous descendons tranquillement jusqu’à environ 10 mètres de profondeur. Le silence s’installe, seulement perturbé par le bruit régulier de nos respirations dans les détendeurs. Nous nous agenouillons derrière un petit mur qui nous sert de protection et d’observatoire.

Chaque binôme de plongeurs est accompagné d’un garde du corps sous-marin. Son rôle n’est pas de combattre les requins — heureusement pour lui ! — mais simplement de les repousser doucement avec une longue perche arrondie lorsqu’ils s’approchent vraiment trop près.

Et ils s’approchent… vraiment très près !

Au début, on essaie de rester concentré, de profiter du spectacle, de ne pas oublier de respirer… les requins nagent tranquillement devant nous.  Mais lorsque le nourrissage commence l'excitation monte d'un cran et lorsque ces énormes silhouettes arrivent droit sur nous, il faut reconnaître que le cœur accélère un peu. Plusieurs fois, j’ai dû baisser la tête pour les laisser passer, et à plusieurs reprises leur queue a touché ma GoPro lorsqu’ils faisaient demi-tour juste devant moi.

Autant dire que j’ai énormément apprécié la présence de notre garde du corps ! Il fallait avoir l’œil et rester attentif en permanence pour anticiper leurs mouvements.

Ce qui est fascinant, c’est ce mélange d’émotions contradictoires : une petite montée d’adrénaline face à leur taille et leur puissance, mais aussi un sentiment de privilège incroyable d’être là, à quelques mètres seulement de ces animaux majestueux.

Car derrière leur réputation de prédateurs, ce sont avant tout des créatures magnifiques, parfaitement adaptées à leur environnement, élégantes dans leurs déplacements et impressionnantes de force.

Une rencontre avec les requins qui restera certainement parmi les moments forts de notre voyage.

Je vous laisse découvrir cette plongée en images… la vidéo racontera bien mieux que les mots ce face-à-face avec ces géants des Fidji !

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Nous avons profité de la proximité du resort pour nous offrir, après toutes ces émotions sous l’eau, un bon dîner au Katua Barefoot Resort.



notre mouillage


Et cette fois, pas de déception ! 😄 L’ambiance était vraiment très sympa, décontractée et chaleureuse. 
Une belle façon de terminer cette étape… avec les requins dans la tête et un bon dîner dans l’assiette !


le resort

notre mouillage 



Le lendemain, j’avais bien envie de remettre ça ! Surtout que j’avais repéré qu’une soirée était prévue au resort, avec danses fidjiennes et dégustation de kava. Une soirée qui aurait certainement plu à Andrew pour le kava… et à moi pour le folklore !
Mais mauvaise nouvelle : le vent avait changé. La houle nous poussait maintenant dangereusement vers les rochers et il fallait appareiller, et vite. On est pas maitre de son programme Il faut s'adapter à la météo !
Voilà comment s’est terminée notre étape à Katua… Pas vraiment comme on aurait aimé !
De toute façon, il était assez difficile d’aller à terre pendant la journée : car à marée basse nous n’avions même plus accès à la plage. Nous avons donc levé l’ancre et pris la direction de Nadi pour une nouvelle navigation de plusieurs heures.
Nous avions même prévu une escale dans les iles de Mamanuca mais il vaut mieux aller direct à Nadi à cause le houle.


Et là, changement radical d’ambiance !
Cinq heures de navigation, bien moins agréables que les précédentes. Le ciel était gris, il pleuvait par moments et, surtout, le vent et la houle étaient contre nous. Résultat : moteur en marche et navigation pas franchement confortable.
Pour éviter de prendre les vagues de face, nous avons même dû tirer des bords… au moteur ! Une technique assez peu élégante, mais terriblement efficace pour éviter de se faire secouer comme des pruniers et avancer plus vite.

Les heures passent, le paysage défile… et nous finissons par arriver à Nadi.
 Il est environ 22 heures, il fait nuit noire et nous mouillons au large, assez loin de la terre afin d'eviter les bateaux au mouillage.. 
Et voilà… la fin du voyage aux Fidji approche pour de bon.
Après les îles, les plongées, les requins, les mantas, les villages, les sevusevu, les navigations parfois musclées et toutes les petites aventures qui ont ponctué ces derniers mois, nous voilà au dernier mouillage ou presque.
Un dernier mouillage un peu loin de tout, dans la nuit… mais finalement assez représentatif de notre voyage.